Droit à l'énergie pour tous, les communistes à l’offensive sur cette question !
Par PCFENERGIE le lundi 8 février 2010, 17:41 - Collectif énergie - Lien permanent
A l’instar du projet de loi déposé par Marie George Buffet sur l’instauration d’un droit à l’eau ne pouvons-nous pas avancer l’idée de l’instauration d’une allocation énergie prenant en charge le différentiel entre un seuil par exemple 5 % et le poids effectif de la facture énergie dans les ressources des ménages, sur la base d’une consommation moyenne.
Un dispositif doit être défendu par les communistes, au cours de cette campagne des régionales, visant à dépasser le stade des simples mesures curatives actuellement en vigueur. Ce nouveau dispositif pourrait être financé par la création d'un fond régional alimentant les CAF avec la participation financière de toutes les entreprises du secteur, des syndicats départementaux d’énergie, des collectivités territoriales et de l'Etat.
Introduction prononcée par Eric Roulot lors du dernier collectif énergie du PCF
Merci pour votre participation à cette nouvelle rencontre entre les syndicalistes du secteur de l’énergie et le PCF pour aborder les enjeux relatifs aux élections régionales. Merci à Pierre Laurent, coordinateur du PCF et tête de la liste en IDF « ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes », d’avoir accepté de dégager un peu de son temps pour participer à cette réunion.
Permettez-moi, en quelques mots, d’introduire la discussion en tentant de rappeler brièvement les enjeux de ces élections régionales des 14 et 21 mars prochains.
Notre volonté d’élargir le rassemblement et ainsi de répondre à la forte aspiration d’UNITE exprimée par le mouvement social et en particulier par les salariés vient de prendre, avec la construction de ces lites, une dimension nouvelle.
L’appel aux acteurs des mouvements sociaux est entendu sur le terrain, avec la participation de signataires de l’Appel des appels, de syndicalistes des services publics et du privé et des militants engagés dans le tissu associatif. L’appel lancé en direction des syndicalistes de l’énergie, la semaine dernière, a pris un bon départ avec un engagement très fort des camarades en responsabilité nationale. Il est maintenant nécessaire de le faire vivre au terrain dans chaque territoire et au plus près des salariés, je compte sur votre engagement. La dynamique de rassemblement est au rendez-vous, avec un élargissement notable, au-delà du Front de gauche, à de nouvelles organisations comme République et socialisme, les Alternatifs, la Fédération pour une alternative sociale et écologique, le M’PEP, des militants de quartiers populaires, et, en Île-de-France, Alternative citoyenne.
Les premiers meetings qui se tiennent sont marqués par des salles bondées avec des participants venus d’horizon divers qui affirment haut et fort l’envie de se rassembler pour en découdre politiquement avec cette droite arrogante qui brise toutes les bases de ce qui fait l’honneur et l’identité de notre pays, à savoir les valeurs de résistance, de solidarité, de justice sociale et de fraternité. L’inverse de ce que le gouvernement est entrain de nous imposer à coup de réformes antisociales ou de débats au relent extrémiste qui nous rappel de bien sombre période de l’histoire.
Dans cinq régions sur vingt-deux, les communistes ont jugé que le rapport des forces politiques ne permettait pas la construction de listes de Front de gauche au premier tour. Il faut respecter ce choix démocratique d’alliances au premier tour avec le PS. Les communistes porteront partout les mêmes objectifs de transformation. Simplement, ils le feront dans des conditions différentes dans certaines régions.
Notre construction politique se fait sur des contenus et des objectifs clairs de reconquête à gauche. Je ne développe pas mais je vous invite à prendre connaissance des propositions avancées par les listes du Front de Gauche sur les sites internet ouverts à cet effet et à vous procurez les 25 fiches de propositions et d’arguments élaborés par le PCF pour cette campagne.
L’échec du sommet de Copenhague montre qu’il est impossible de s’attaquer aux défis écologiques sans s’attaquer à l’égoïsme des logiques capitalistes. Dans les régions aussi, nous ne pourrons répondre à l’urgence écologique sans agir pour la remise en cause des choix dominants actuels, pour la reconquête des services publics, sans promouvoir le développement humain contre la finance.
Il est évident que les questions relatives à l’énergie doivent s’inviter dans cette campagne. Les enjeux autour des projets d’aménagement des territoires sont déterminants pour l’avenir. En IDF la région a élaboré, après plusieurs mois de concertation, un schéma régional d’aménagement du territoire, le SDRIF. L’Etat combat politiquement ce projet en refusant de le valider ! Il veut arbitrairement et sans concertation imposer le sien ! Le projet intitulé « Grand paris », avec la proposition structurante d’un grand huit qui desservirait que les pôles d’excellence et les aéroports, sans répondre aux exigences émises par les usagers, répond qu’aux exigences des affairistes et du grand patronat.
Il va renforcer les inégalités, exacerber la concurrence entre les territoires et amplifier le processus visant à repousser toujours plus loin les salariés de leurs lieux de travail en organisant la flambée des prix des loyers. La remise en cause du parc de logement à EDF et GDF résulte de ces choix.
La politique énergétique mise en œuvre en IDF s’inscrit également dans cette logique politique. La désindustrialisation de ce territoire reste extrêmement cohérente avec les décisions d’abandon des moyens de productions d’électricité existants dans cette région. Les réformes de structure imposées à la hussarde à la distribution et au transport, au-delà du fait qu’elles participent de la mise en œuvre des directives de libéralisation imposée par l’Europe, s’inscrivent dans cette volonté visant à casser les liens de proximité entre entreprises et les usagers pour offrir encore plus d’espaces de profit au privé.
Ce projet constitue une véritable spoliation du territoire pour imposer un aménagement de classe antinomique avec nos aspirations sociales et écologiques.
La cohérence de nos propositions et l’engagement des acteurs sociaux sur les listes du front de gauche peuvent faire la différence. Mais pour cela il faut que nous soyons au combat sur tous les fronts. Je prends qu’un seul exemple pour bien me faire comprendre, le droit à l’énergie :
Quelle proposition concrètes et novatrices les communistes peuvent t’il avancer pour endiguer la montée de la précarité énergétique ? Je pense, pour ma part, que les dispositifs actuellement en vigueur relatifs au tarif première nécessité, financé par le FSL et alimenté en partie par la CSPE, cotisation payée par les usagers, doivent être dépassés pour faire place à un dispositif plus simple d’accès, plus juste et surtout mobilisant beaucoup plus de moyens financiers pour avancer dans le sens d’un véritable droit à l’énergie pour tous les usagers.
A l’instar du projet de loi déposé par Marie George Buffet sur l’instauration d’un droit à l’eau ne pouvons-nous pas avancer l’idée de l’instauration d’une allocation énergie prenant en charge le différentiel entre un seuil (à définir) et le poids effectif de la facture énergie dans les ressources des ménages, sur la base d’une consommation moyenne.
Les ménages les plus pauvres consacrent 15% de leur revenu aux dépenses énergétiques contre seulement 6% pour les plus riches. Selon l’Ademe, la part des dépenses énergétiques dans le revenu des ménages des plus pauvres est passée de 10 à 15% entre 2001 et 2006.
Et nous le savons, avec la flambée des prix de l’énergie, entre 2006 à 2010, ce phénomène s’est encore accentué mettant des milliers de famille en situation non pas de précarité énergétique mais carrément d’exclusion énergétique. Le nombre de foyers sans contrats augmentent !
Les communistes doivent être à l’offensive sur cette question !
Un dispositif doit, à mon sens, être défendu par les communistes, au cours de cette campagne, visant à dépasser le stade des simples mesures curatives actuellement en vigueur. Ce nouveau dispositif pourrait être financé par la création d'un fond régional alimentant les CAF avec la participation financière de toutes les entreprises du secteur, des syndicats départementaux d’énergie, des collectivités territoriales et de l'Etat.
Outre la reconquête des services publics, nos propositions pour réorienter l’utilisation de l’argent et l’enjeu démocratique face au laminage programmé des collectivités territoriales seront, partout en France, des thèmes majeurs de notre campagne.
Nous voulons, comme Pierre l’a récemment affirmé, faire du développement des quartiers populaires une question centrale en Île-de-France.
Alors que la droite mène un débat minable sur l’identité nationale qui stigmatise leurs populations et qu’elle veut accentuer la concentration des richesses dans quelques pôles, il faut renverser la logique dans les régions en pariant sur la richesse de ces quartiers. Ce n’est pas seulement une logique de compensation : il faut bien sûr réparer les inégalités, mais nous voulons une région qui ait l’audace d’un nouveau type de développement réellement solidaire.
Le Front de gauche se présente avec la volonté de former des majorités en se rassemblant avec les autres listes de gauche au second tour, nous affirmons notre volonté de participer aux exécutifs.
Mais nous disons aussi aux PS et aux listes Europe écologie que de lorgner vers une partie de la droite serait une faute très grave, à un moment où la politique de Sarkozy et consorts est de plus en plus contestée. La gauche est dans le peuple. Tout l’enjeu est de donner de la force à cette gauche populaire. Si les listes du Front de gauche réussissent ce pari, non seulement la gauche pourra gagner les régions, mais elle le fera sur une dynamique d’espoir qui marginalisera les partisans des alliances avec le Modem.
Pour conclure, je voulais vous annoncer ma décision visant à lâcher la responsabilité de l’animation du réseau énergie du PCF que j’assume depuis maintenant près de trois ans. Je souhaite que Valérie, que vous connaissez pour son engagement sans faille dans tous les combats, me succède à cette responsabilité.
Je prends cette décision car comme vous le savez je suis appelé à devenir maire d’une ville de 16000 habitants, située entre Paris et Rouen, Limay. Le conseil municipal est convoqué le samedi 10 avril prochain. Aussi permettez moi de remerciez chaleureusement tous les camarades de la FNME-CGT et en particulier les trois secrétaires généraux avec lesquels j’ai travaillé, François, Denis et Frédéric.
Permettez moi aussi de remerciez très sincèrement mon organisation syndicale, la CGT. Organisation merveilleuse qui donne la possibilité à des ouvriers, comme moi, d’étudier, d’appendre, de progresser, de s’émanciper et ainsi d’accéder à des responsabilités qui me permettrons de poursuivre le combat que je mène, avec vous, depuis des années.
Combat pour l’émergence d’un monde meilleur, un monde de partage, de solidarité, de mise en commun, en un mot, un monde communiste.